Ce qu’est une déclaration sur l’honneur de non condamnation et son importance juridique

Formalités juridiques · Création d’entreprise
La déclaration sur l’honneur de non condamnation accompagne la plupart des démarches d’immatriculation et d’inscription professionnelle en France. Voici ce qu’elle est précisément, à quoi elle sert, comment la rédiger (filiation comprise) et les risques d’une fausse déclaration.
En bref
La déclaration (ou attestation) sur l’honneur de non condamnation est un engagement écrit, personnel et solennel par lequel une personne certifie n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation lui interdisant de gérer, diriger ou exercer certaines fonctions professionnelles. Elle est exigée notamment lors de l’immatriculation d’une société au greffe.
  • Qui la signe ? Le dirigeant, gérant ou président concerné, sous sa propre responsabilité pénale.
  • Quand ? Lors de la création, modification ou reprise d’une société, et pour certaines professions réglementées.
  • Que contient-elle ? Identité complète, filiation, affirmation solennelle, lieu, date et signature.
  • En cas de fausse déclaration ? Sanctions prévues par l’article 441-7 du Code pénal (voir plus bas).

Qu’est-ce qu’une déclaration sur l’honneur de non condamnation ? #

La déclaration sur l’honneur de non condamnation constitue un engagement écrit, personnel et solennel d’une personne certifiant n’avoir jamais été condamnée par une juridiction civile, pénale ou administrative qui la rendrait inéligible à l’exercice de fonctions professionnelles spécifiques. On parle aussi d’attestation sur l’honneur de non condamnation ou, plus simplement, d’attestation de non condamnation : il s’agit du même document. Ce mécanisme vise à protéger la sécurité juridique des transactions, en démontrant l’intégrité et la fiabilité de celui ou celle qui engage sa responsabilité personnelle. L’intérêt de cette déclaration se révèle dans de nombreux cas concrets :

2024

Immatriculation de société

Toute demande d’immatriculation d’une SAS ou SARL à Paris doit inclure l’attestation de son président ou gérant, conformément au Code de commerce.
Immobilier 2025

Carte professionnelle

Agents immobiliers et syndics d’immeuble doivent fournir ce document au moment de l’obtention ou du renouvellement de la carte professionnelle délivrée par la CCI Paris Île-de-France.
Professions juridiques

Inscription à l’ordre

Les candidats à la fonction d’expert-comptable (Ordre des experts-comptables) ou d’avocat (Barreau de Lyon) joignent cette déclaration lors de leur inscription.
Start-up

Honorabilité des fondateurs

Les fondateurs incubés à la Station F (Paris, 2023) attestent de leur honorabilité lors de troubles judiciaires éventuels pour rassurer les investisseurs (Y Combinator, Californie).

Soulignons que la déclaration sur l’honneur s’effectue sous sa propre responsabilité pénale. Elle interdit notamment :

  • L’accès à la direction d’entreprise pour tout individu frappé d’une interdiction de gérer par décision publique (sanction relevée dans le Fichier National des Interdits de Gérer, Paris).
  • La prise de fonction dans des secteurs sensibles tels que la sécurité privée (demande de carte professionnelle auprès du CNAPS, ministère de l’Intérieur).

La finalité fondamentale de ce dispositif réside dans la préservation de l’ordre public, l’honnêteté des marchés et la confiance accordée à l’encadrement. Il ne s’agit pas d’une simple affirmation morale mais d’une exigence portée par la législation française.

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Réglementation et cadre légal de la déclaration #

Le législateur français a normé la déclaration sur l’honneur de non condamnation afin de lutter efficacement contre la criminalité économique et d’assurer la transparence. L’exigence de ce document figure dans plusieurs textes de référence, dont l’article A.123-51 du Code de commerce pour les entreprises. Les obligations sont substantielles pour certains secteurs, notamment :

  • Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) : les démarches obligatoires pour la création, la modification ou la reprise d’une société requièrent la présentation de la déclaration depuis la réforme du Pacte 2019.
  • Marchés publics : lors d’un appel d’offres, toute PME répondant à une consultation lancée par l’UGAP (centrale d’achat public, France) doit prouver la non-condamnation de son dirigeant.
  • Professions réglementées : commissaires aux comptes, experts-comptables, directeurs d’associations sportives (ex. : MSB Le Mans Basket, contrôles renforcés en 2024).

La validité de cette attestation repose sur le respect strict de plusieurs critères. Les autorités, telles qu’Infogreffe ou le Centre de Formalités des Entreprises (CFE, Paris), vérifient systématiquement ces éléments :

  • Exactitude des informations personnelles.
  • Vérification auprès du Fichier National des Interdits de Gérer (FNIG, Paris).
  • Authenticité de la signature.

Selon une étude menée par l’INSEE en 2023, près de 88 % des PME immatriculées en région Île-de-France ont eu à produire ce type de déclaration au cours des douze derniers mois. Les conséquences du non-respect sont notables : en juin 2024, 253 dossiers de création ont été refusés par le Greffe de Marseille à la suite d’une déclaration incomplète ou frauduleuse. Les sanctions prévues par le Code pénal (notamment l’article 441-7) incluent :

  • Amende de 4 500 € pour déclaration mensongère (donnée 2025, DGFiP).
  • Emprisonnement jusqu’à 6 mois en cas de falsification avérée.

Il devient donc essentiel d’anticiper et de contrôler chaque aspect de ce document afin de garantir la conformité des démarches et d’éviter des sanctions pouvant impacter durablement la réputation et la viabilité d’une structure.

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Guide pratique de rédaction de la déclaration #

Rédiger une déclaration sur l’honneur de non condamnation — et obtenir un modèle de lettre d’attestation sur l’honneur de non condamnation conforme — requiert le strict respect de plusieurs prescriptions formelles. La procédure, détaillée notamment par la plateforme service-public.fr et actualisée en février 2025, se déroule comme suit :

Élément à renseignerDétail attendu
Identité complèteNom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse précise.
FiliationNom et prénoms du père, nom de jeune fille et prénoms de la mère (obligatoire lors d’inscriptions au RCS et à l’URSSAF en 2024).
Affirmation solennelle« Je soussigné(e), atteste sur l’honneur n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation m’interdisant de gérer, administrer, diriger ou contrôler une entreprise. »
Lieu et dateLieu et date de rédaction du document.
SignatureSignature manuscrite (signature scannée acceptée pour certains dépôts dématérialisés depuis avril 2023).

Des vérifications sont systématiques lors des démarches en ligne sur le site du guichet unique (siren.gouv.fr). Les professionnels du droit, tels que les avocats (Ordre des avocats de Paris) et experts-comptables, recommandent d’annexer une copie d’une pièce d’identité officielle (CNI ou passeport) pour renforcer la validité. Certains organismes, comme la CCI Nice Côte d’Azur, exigent en 2025 la légalisation de la signature pour les dirigeants non-résidents.

Exemple de modèle personnalisé

Pour une inscription au Registre du commerce de Bordeaux en juillet 2024 :

Modèle — à adapter
« Je soussigné, Éric Dufour, né le 2 mars 1980 à Lyon, fils de Jean Dufour et Jeanne Martin, déclare sur l’honneur n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation pénale, ni de sanction civile ou administrative m’interdisant de gérer une entreprise conformément à l’article A.123-51 du Code de commerce. À Bordeaux, le 11 juillet 2024. (signature) »
  • En cas de doute, les cabinets d’avocats spécialisés en droit des sociétés (Fidal, Paris, ou Altana, Paris) offrent un accompagnement sécurisant.
  • Entrepreneurs étrangers : les formalités spécifiques sont précisées par le MINFRA, Direction Générale des Entreprises.

Omettre une mention ou altérer la sincérité du contenu expose à l’invalidité du dossier.

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Usages concrets et illustration par des cas réels #

L’application de la déclaration sur l’honneur de non condamnation s’observe dans une variété de situations juridiques et économiques structurantes à travers la France, souvent sous le regard attentif du greffe du tribunal de commerce ou d’organismes spécialisés.

  • Création de SASU à Lille en 2024 : le fondateur d’une start-up EdTech (LearningSprint SASU) joint la déclaration pour sécuriser l’obtention de son Kbis auprès du CFE de la Métropole européenne de Lille.
  • Secteur associatif : en 2025, France Volontaires exige ce document des représentants légaux pour accéder à des subventions délivrées par l’Agence française de développement (AFD).
  • Candidature à un appel d’offres Vinci Autoroutes, PACA : la société de sécurité privée Securitas SAS (Paris La Défense) doit justifier l’absence de condamnation de la gérante pour valider sa qualification.

La systématicité du contrôle se vérifie dans les formalités dématérialisées sur des plateformes comme Guichet Entreprises, où, en mars 2024, plus de 45 600 créations de micro-entreprises ont inclus une telle attestation selon la Banque de France. Les services du Pôle Emploi imposent ce document pour les porteurs du dispositif ACCRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise).

Les étapes incontournables

Le parcours type
  • 1.Dépôt du dossier sur la plateforme du CFE (Chambre de commerce de Toulouse ou Marseille).
  • 2.Transmission au greffe du tribunal concerné.
  • 3.Vérification du FNIG.
  • 4.Délivrance du Kbis, conditionnant la vie commerciale.

Les professionnels peuvent s’appuyer sur des legaltechs réputées comme LegalPlace ou LegalStart pour générer automatiquement des modèles conformes. La déclaration n’est jamais purement formelle : tout manquement met en péril la validité des démarches et, par ricochet, la confiance des investisseurs et partenaires publics ou privés.

Erreurs fréquentes lors de la rédaction et leurs effets #

Certains oublis ou inexactitudes se traduisent, chaque année, par des refus de dossiers ou des conséquences pénales fortes pour les entrepreneurs et dirigeants. En mai 2024, la CCI Paris Île-de-France a recensé que 8,5 % des rejets de dossiers d’immatriculation provenaient de déclarations incorrectes.

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  • Omission d’un élément d’identité : absence de nom de jeune fille, oubli du lieu de naissance (fréquent dans les dossiers internationaux déposés au greffe de Lyon).
  • Signature absente ou numérisation de mauvaise qualité, mal acceptée chez Infogreffe Paris.
  • Erreur sur la filiation, constatée chez CMAR Occitanie en 2024 dans 34 dossiers.
  • Formule d’attestation vague ou manquante (absence de la mention précise du Code de commerce).

Les suites d’une déclaration erronée sont immédiates : blocage de l’immatriculation, convocation du déclarant par le greffe, instruction d’une enquête (greffiers du tribunal de commerce d’Évry). La transmission d’informations mensongères expose notamment à une poursuite pour faux et usage de faux sur la base de l’article 441-7 du Code pénal.

Checklist avant dépôt Toutes les mentions d’état civil collectées et vérifiées · signature manuscrite ou électronique valide · copie de la pièce d’identité annexée · mention expresse aux textes réglementaires concernés. Anticiper ces points prévient toute déconvenue procédurale ou judiciaire.

Conséquences juridiques d’une fausse déclaration sur l’honneur #

Fournir une fausse déclaration sur l’honneur de non condamnation n’est pas sans risque. Selon le Code pénal, article 441-7, un déclarant convaincu de déclaration frauduleuse s’expose à :

  • Amende de 4 500 € (chiffre confirmé par la Cour d’appel de Versailles, arrêt du 14 avril 2024).
  • Peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 6 mois.
  • Annulation de l’immatriculation en cas de contrôle a posteriori sur décision du greffe du tribunal de commerce de Paris.
  • Interdiction définitive d’exercer une fonction dirigeante à la suite de la radiation prononcée par le FNIG.

Les organismes tels que le Ministère de la Justice procèdent régulièrement à des vérifications croisées entre le Registre du Commerce et les fichiers judiciaires. En mars 2024, une campagne nationale d’audit menée par le Conseil National des Greffiers a abouti à la sanction de 117 dirigeants pour non-respect des obligations de déclaration. L’affaire Herbalife France SAS, Paris, 2023, où la déclaration falsifiée du gérant a amené à la suspension de l’extrait Kbis et à de lourdes conséquences financières, illustre la gravité des poursuites encourues.

  • Des contrôles sont menés, y compris sur des déclarations déposées il y a plusieurs années, rendant impossible toute prescription à court terme.
  • En cas de réitération, une interdiction d’exercer permanente peut être engagée.

Au vu de l’actuelle intensification des investigations administratives, il n’existe aucune marge de tolérance pour l’approximation ou l’omission volontaire sur ce point.

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Ressources pratiques, modèles et accompagnement #

Plusieurs dispositifs en ligne et opérateurs publics ou privés se déploient afin de sécuriser la rédaction, le dépôt et le suivi d’une déclaration sur l’honneur de non condamnation conforme. En février 2025, le service-public.fr propose un modèle actualisé, gratuit, adapté aux créateurs de société, aux dirigeants d’associations ou aux professions réglementées. Le portail guichet-entreprises.fr accompagne chaque étape, de la rédaction au dépôt en ligne, tout en offrant un support technique.

  • Assistance juridique : les cabinets spécialisés (par exemple Gide Loyrette Nouel, Paris) proposent des relectures professionnelles, notamment pour les opérations de fusions-acquisitions (M&A, 2024).
  • Accompagnement administratif : les Chambres de commerce et d’agriculture (Rennes, Limoges) accueillent les porteurs de projets souhaitant s’assurer de la validité de leur déclaration.
  • Plateformes reconnues : LegalPlace (Paris), LegalStart (Paris), Captain Contrat (Paris).
  • Guides sectoriels : la Fédération bancaire française publie un guide pratique dédié aux organismes régulés (Décret 2023-1182 relatif aux déclarations des établissements financiers).

Pour des démarches complexes ou transfrontalières, il peut être utile de solliciter l’intervention d’un spécialiste en compliance au sein de réseaux comme France Digitale (start-up et scale-up, Paris 2024) ou des syndicats professionnels (ex. : Union nationale des professions libérales). Les actualités juridiques, telles que la réforme du droit des associations en février 2025 ou les obligations accrues en matière de compliance (événement Rencontres du droit des affaires, Paris, 2024), sont à consulter pour rester à jour.

  • Accédez au formulaire officiel sur le site service-public.fr.
  • Simulateurs interactifs disponibles sur urssaf.fr pour les micro-entrepreneurs.
  • Contact des CFE dans votre département (ex. : CCI Bordeaux Gironde, Chambre d’agriculture de Normandie).

Carnet d’adresses utile

Greffe du TAE de Paris

Démarches officielles

Pour vos démarches concernant la déclaration sur l’honneur de non-condamnation. Adresse : 1 Quai de la Corse, 75004 Paris. Site officiel : www.greffe-tae-paris.fr. Le coût de l’immatriculation d’entreprise au greffe, incluant le dépôt de la déclaration, varie habituellement de 40 à 70 €.
Service Public

Modèles gratuits

Modèles de déclaration sur l’honneur de non-condamnation en téléchargement gratuit : www.service-public.fr (démarches administratives en ligne). Des modèles sont également accessibles sur les sites des greffes des tribunaux de commerce.

À retenir #

L’essentiel en 5 points
  • L’attestation et la déclaration de non condamnation désignent le même engagement écrit, signé sous responsabilité pénale.
  • Elle est exigée pour l’immatriculation d’une société (RCS) et pour de nombreuses professions réglementées.
  • Elle doit comporter l’identité complète, la filiation, l’affirmation solennelle, le lieu, la date et la signature.
  • Une omission (filiation, signature, mention légale) peut faire rejeter le dossier d’immatriculation.
  • Une fausse déclaration relève de l’article 441-7 du Code pénal : amende de 4 500 € et jusqu’à 6 mois d’emprisonnement.

Questions fréquentes #

Une déclaration de non condamnation, c’est quoi ?+
C’est un document par lequel une personne atteste sur l’honneur n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation lui interdisant de gérer, diriger ou exercer certaines fonctions professionnelles. On la rencontre surtout lors de l’immatriculation d’une société et pour certaines professions réglementées. Elle engage la responsabilité pénale de son signataire.
Comment faire une déclaration sur l’honneur de non-condamnation ?+
Rédigez un document mentionnant votre identité complète, votre filiation, l’affirmation solennelle d’absence de condamnation interdisant de gérer une entreprise, le lieu, la date, puis signez-le. Vous pouvez partir d’un modèle de lettre d’attestation sur l’honneur de non condamnation gratuit (par exemple sur service-public.fr) et l’adapter à votre situation. En cas de doute, rapprochez-vous du greffe ou d’un professionnel du droit.
Comment obtenir une déclaration de non-condamnation faisant apparaître la filiation ?+
La déclaration sur l’honneur de non condamnation mentionnant la filiation n’est pas « obtenue » auprès d’un tiers : c’est vous qui la rédigez en y indiquant les nom et prénoms de votre père, ainsi que le nom de jeune fille et les prénoms de votre mère, en plus de votre propre état civil. Cette mention de filiation est notamment demandée lors des inscriptions au RCS et à l’URSSAF. Le greffe vérifie ensuite l’exactitude des informations.
Quelle différence entre déclaration et attestation de non condamnation ?+
En pratique, aucune : « attestation sur l’honneur de non condamnation », « attestation de non condamnation » et « déclaration de non condamnation » désignent le même engagement écrit. C’est le contexte de la démarche (immatriculation, profession réglementée) qui fixe les mentions exactes à y porter.
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel du droit. Pour toute démarche, vérifiez les exigences propres à votre situation auprès du greffe compétent, d’un avocat, d’un notaire ou d’un expert-comptable. Pour approfondir, vous pouvez aussi consulter une ressource utile sur la gestion d’entreprise.

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