Les défaillances d’entreprises ont cessé de grimper en France, mais elles restent très hautes. Fin août 2026, la Banque de France recense 70 766 défaillances sur douze mois glissants, presque autant qu’un mois plus tôt, et le cabinet Altares décrit un troisième trimestre quasi stable.
- Banque de France : 70 766 défaillances en cumul sur 12 mois à fin août, contre 70 692 à fin juillet.
- Le niveau dépasse de 19,3 % la moyenne 2010-2019.
- Altares : 14 652 procédures collectives au 3e trimestre, une hausse limitée à 0,5 % sur un an.
- Les entreprises de moins de trois salariés concentrent près de trois dossiers sur quatre.
Plan de l'article
Que disent les derniers chiffres de la Banque de France ? #
La publication mensuelle de la Banque de France, mise en ligne le 9 octobre 2026, résume la situation en une phrase : « À fin août, le nombre de défaillances reste stable ». Le compteur passe de 70 692 à 70 766 en cumul annuel, soit 74 dossiers de plus en un mois.
La stabilité ne veut pas dire retour à la normale. Sur un an, la hausse atteint encore 4,8 % (67 524 défaillances à fin août 2025). Et par rapport à la moyenne de la décennie 2010-2019, qui sert de référence avant les années Covid, l’écart reste de 19,3 %. La Banque de France attribue ce niveau « toujours élevé » notamment à la conjoncture dégradée.
Quels secteurs souffrent le plus ? #
Le tableau sectoriel de la Banque de France montre des situations très contrastées. La construction, longtemps en tête des inquiétudes, recule de 2,4 % sur un an et passe même légèrement sous sa moyenne historique. L’industrie se maintient à son niveau d’avant-crise.
À l’inverse, plusieurs activités de services restent sous forte tension. Les transports et l’entreposage affichent un niveau supérieur de 69,5 % à la moyenne 2010-2019. L’hébergement et la restauration comptent 9 796 défaillances sur douze mois, en hausse de 8,5 % sur un an. Les conseils et services aux entreprises progressent de 8,4 %, l’enseignement, la santé et les services aux ménages de 13,1 %.
| Secteur (cumul 12 mois à fin août 2026) | Défaillances | Sur un an |
|---|---|---|
| Construction | 14 354 | -2,4 % |
| Commerce, réparation automobile | 14 076 | +2,8 % |
| Hébergement et restauration | 9 796 | +8,5 % |
| Conseils et services aux entreprises | 9 040 | +8,4 % |
| Industrie | 4 442 | +3,4 % |
Le troisième trimestre vu par Altares #
Le cabinet Altares, qui compte les ouvertures de procédures collectives avec sa propre méthode, publiait le 13 octobre son bilan du troisième trimestre. Selon le détail relayé par TPE Actu, 14 652 procédures ont été ouvertes entre juillet et septembre, une progression ramenée à 0,5 % sur un an.
Le mois de septembre a pourtant pesé lourd, avec environ 7 100 dossiers. Sur douze mois glissants, Altares dénombre près de 72 000 défaillances. Les emplois concernés par ces procédures reculent légèrement, à 50 510 contre 52 000 un an plus tôt.
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Thierry Millon, directeur des études d’Altares, résume le diagnostic : « Le pic des défaillances est peut-être derrière mais pas celui de la fragilité financière des entreprises ». Les chiffres des deux sources ne se comparent pas ligne à ligne, mais ils racontent la même histoire : un plateau, pas une décrue.
Pourquoi les très petites entreprises restent en première ligne #
Le point le plus préoccupant concerne les plus petites structures. Toujours selon le bilan Altares, les entreprises de moins de trois salariés totalisent 10 960 procédures au troisième trimestre, en hausse de 2,9 %. Elles représentent près de trois dossiers sur quatre.
Les données de la Banque de France vont dans le même sens pour les tailles intermédiaires : les petites entreprises et les moyennes entreprises affichent des hausses de 11,5 % et 14,2 % sur un an. Ces sociétés ont moins de trésorerie de précaution, moins de pouvoir de négociation avec leurs fournisseurs. Un impayé ou une commande annulée les fragilise plus vite.
Côté construction, la tendance confirme le recul observé par la Banque de France : Batiweb note que la baisse se creuse dans le BTP sur le trimestre.
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Ce que ces chiffres changent pour la gestion d’une PME #
Un plateau aussi haut signifie que le risque de contrepartie reste réel. Un client ou un fournisseur sur une liste de plus de 70 000 défaillances annuelles, c’est une probabilité qui ne se néglige plus dans un plan de trésorerie.
Surveiller ses clients plutôt que ses seuls comptes
Les retards de paiement d’un client sont souvent le premier signal d’une difficulté. Suivre l’ancienneté des créances, relancer tôt et limiter l’encours accordé aux comptes fragiles protège davantage qu’une analyse annuelle du bilan.
Anticiper plutôt que subir
La hausse des redressements judiciaires, plus forte que celle des liquidations directes dans le bilan Altares, montre que davantage de dirigeants demandent une protection avant qu’il ne soit trop tard. Les procédures amiables et la sauvegarde restent les outils les plus efficaces lorsqu’elles sont ouvertes tôt, avec l’appui de l’expert-comptable et du tribunal compétent.
Questions fréquentes #
Quand la Banque de France publiera-t-elle les chiffres de fin septembre ?
La série est mensuelle : les données de fin septembre suivront début novembre, sur la même page statistique de la Banque de France.
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Pourquoi les chiffres d’Altares et de la Banque de France diffèrent-ils ?
Les deux organismes n’ont pas la même méthode ni la même période de référence. La Banque de France publie un cumul sur douze mois issu de sa base Fiben, Altares un décompte trimestriel des ouvertures de procédures.
La construction est-elle sortie de la zone de risque ?
Le secteur recule sur un an et revient près de sa moyenne historique, mais il reste le premier en volume avec plus de 14 000 défaillances sur douze mois.




