Au troisième trimestre 2026, les PME obtiennent toujours très largement leurs crédits d’investissement, mais la trésorerie devient un peu plus difficile à financer, et le sentiment d’un crédit plus cher progresse nettement. C’est ce que montre l’enquête trimestrielle de la Banque de France sur l’accès des entreprises au crédit, mise en ligne le 20 octobre 2026.
- Crédits d’investissement : 96 % des PME et 99 % des ETI obtiennent la totalité ou plus de 75 % du montant demandé.
- Crédits de trésorerie : 81 % des PME servies, contre 83 % au trimestre précédent.
- 41 % des PME et 58 % des ETI perçoivent une hausse du coût du crédit, soit +16 et +31 points en un trimestre.
Plan de l'article
- Que mesure exactement cette enquête ?
- L’investissement reste bien financé, mais moins demandé
- La trésorerie, point de tension pour les PME
- Pourquoi les dirigeants trouvent le crédit plus cher
- Des encours qui progressent surtout chez les grandes entreprises
- Ce qu’un dirigeant de PME peut en retenir
- Questions fréquentes
Que mesure exactement cette enquête ? #
La Banque de France interroge chaque trimestre des entreprises sur leurs demandes de financement : ont-elles sollicité leur banque, et ont-elles obtenu ce qu’elles demandaient ? Un crédit est considéré comme obtenu lorsque l’entreprise reçoit la totalité ou plus de 75 % du montant souhaité.
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L’intérêt de cette série est d’aller au-delà des encours. Elle dit si l’argent arrive réellement aux entreprises qui en font la demande, en distinguant les PME et les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Les résultats complets sont publiés sur la page de la Banque de France consacrée à l’accès des entreprises au crédit au troisième trimestre 2026.
L’investissement reste bien financé, mais moins demandé #
Côté investissement, le signal est rassurant pour ceux qui ont un projet. 96 % des PME et 99 % des ETI ayant demandé un crédit d’investissement l’ont obtenu en totalité ou à plus de 75 %. Pour les crédits d’équipement, les taux d’obtention atteignent 94 % pour les PME et 90 % pour les ETI, ces dernières reculant par rapport aux 93 % du trimestre précédent.
La demande, elle, s’essouffle légèrement. Seules 19 % des PME et 26 % des ETI ont sollicité un crédit d’investissement sur le trimestre, un niveau en léger recul. Autrement dit, le frein ne vient pas des banques : ce sont les dirigeants qui reportent ou réduisent leurs projets.
La trésorerie, point de tension pour les PME #
Le chiffre à surveiller concerne la trésorerie. Peu d’entreprises demandent ce type de crédit, 7 % des PME comme des ETI. Mais parmi les PME qui l’ont fait, 81 % ont été servies, contre 83 % au trimestre précédent. Les ETI font mieux, à 94 % contre 93 %.
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Ce décalage n’est pas nouveau : un crédit de trésorerie finance un besoin à court terme, souvent un trou dans le cycle d’exploitation, et la banque y regarde de plus près la solidité du bilan. Une PME qui vient chercher de la trésorerie est aussi, parfois, une PME qui a déjà tiré sur ses réserves.
Les lignes de crédit, qui servent de filet de sécurité, restent largement accordées. Plus d’un tiers des PME et près de la moitié des ETI en ont demandé une sur les douze derniers mois, et au moins 90 % de ces demandes ont été satisfaites, selon la Banque de France.
Pourquoi les dirigeants trouvent le crédit plus cher #
C’est le mouvement le plus frappant de l’enquête. 41 % des PME et 58 % des ETI déclarent percevoir une hausse du coût du crédit. En un trimestre, la proportion a gagné 16 points chez les PME et 31 points chez les ETI.
Cette perception tranche avec les taux observés jusqu’ici. Dans sa note sur le financement des entreprises en août 2026, publiée le 8 octobre, la Banque de France indiquait que le coût moyen des nouveaux crédits bancaires reculait à 3,66 %, contre 3,75 % en juillet. Le taux des nouveaux financements aux sociétés non financières, tous instruments confondus, était stable à 3,73 %.
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Les deux informations ne se contredisent pas forcément. L’une mesure des taux moyens passés, l’autre ce que les dirigeants constatent dans leurs dernières négociations : conditions, garanties, frais. Le prochain point mensuel permettra de voir si la perception se traduit dans les chiffres.
Des encours qui progressent surtout chez les grandes entreprises #
La même note d’août éclaire la répartition des crédits. Sur un an, les financements accordés aux sociétés non financières progressent de 4,0 %, et les crédits bancaires de 3,8 %. Mais la dynamique est très inégale selon la taille : +6,1 % pour les grandes entreprises, +2,2 % pour les PME et les entreprises de taille indéterminée, et seulement +0,8 % pour les ETI.
Le crédit circule donc, mais il profite d’abord aux plus grands groupes, qui disposent aussi d’un accès direct aux marchés via les émissions de titres de dette.
Ce qu’un dirigeant de PME peut en retenir #
Pour un projet d’investissement solide, le contexte reste favorable : l’immense majorité des demandes aboutit. L’enjeu se situe davantage sur le court terme. Anticiper un besoin de trésorerie, plutôt que de le solliciter dans l’urgence, améliore nettement la position face au banquier.
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Concrètement, cela passe par un prévisionnel de trésorerie à jour, une ligne de crédit négociée quand les comptes sont bons, et une mise en concurrence des offres, puisque la perception d’un crédit plus cher invite à comparer les conditions plutôt que le seul taux affiché.
Questions fréquentes #
Quand la Banque de France a-t-elle publié ces chiffres ?
L’enquête sur l’accès des entreprises au crédit au troisième trimestre 2026 a été mise en ligne le 20 octobre 2026.
Les PME obtiennent-elles encore leurs crédits ?
Oui pour l’investissement, avec 96 % de demandes satisfaites. La trésorerie est plus sélective, avec 81 % de PME servies.
Les taux des crédits aux entreprises montent-ils ?
En août, le coût moyen des nouveaux crédits bancaires reculait à 3,66 %. Mais au troisième trimestre, 41 % des PME disent percevoir une hausse du coût du crédit.
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