Menu
Dossiers

Défaillances d’entreprises : Allianz Trade repousse le pic, ce que les dirigeants doivent surveiller

Allianz Trade repousse à 2028 le début du reflux des défaillances d’entreprises dans le monde, alors que la France frôle déjà les 72 000 procédures sur douze mois. Pour un dirigeant, le message est moins « le pire arrive » que « le risque client va rester élevé plus longtemps que prévu ».

En bref
  • Monde : +5 % de défaillances attendues en 2026, puis +1 % en 2027, selon Allianz Trade.
  • France : 14 652 procédures au troisième trimestre, soit +0,5 % sur un an, selon Altares.
  • Les entreprises de moins de trois salariés pèsent près des trois quarts des procédures.
  • La restauration se dégrade pendant que l’industrie et la construction reculent.

Que prévoit Allianz Trade pour 2026 à 2028 ? #

L’assureur-crédit a publié son étude le 27 octobre. D’après Refrance, il anticipe une hausse mondiale de 5 % en 2026, après 6 % en 2025, puis un ralentissement à 1 % en 2027. Le premier repli, de 1 %, n’interviendrait qu’en 2028, soit un an plus tard que dans ses projections précédentes.

À lire Dépôts à terme des entreprises : la rémunération des placements longs grimpe à 3,45 %

Pour la France, l’étude évoque près de 71 000 cas cette année, un niveau inédit. Au niveau mondial, Insurance Business rapporte 2,7 millions d’emplois directement menacés sur 2026 et 2027, dont près de 60 % en Europe.

Ces chiffres sont des projections, et nous n’avons pas pu consulter le rapport complet sur le site de l’assureur. Ils se lisent donc comme une tendance, pas comme un résultat acquis. La directrice générale d’Allianz Trade, Aylin Somersan Coqui, met en avant des taux d’intérêt plus élevés que prévu et des coûts de l’énergie durablement hauts, pour les industries européennes les plus consommatrices.

Où en est vraiment la France ? #

Les chiffres déjà constatés sont plus nuancés. Selon Le Figaro, qui a publié les données d’Altares le 12 octobre, 14 652 organisations ont fait défaut au troisième trimestre. La hausse de 0,5 % sur un an est la plus faible depuis 2022, d’après Thierry Millon, directeur des études du cabinet, et 50 510 postes sont menacés, un chiffre en baisse de près de 3 %.

Le stock reste pourtant historique : le total sur douze mois glissants frôle les 72 000. Autrement dit, le rythme se calme mais le niveau ne baisse pas. Le Revenu indique que 52 700 entreprises sont déjà concernées depuis janvier, et qu’Altares redoute près de 19 000 nouveaux défauts au dernier trimestre.

À lire Retards de paiement : les trésoriers des ETI au plus haut depuis 2020, les PME en première ligne

Quelles entreprises sont les plus exposées ? #

La fragilité tient d’abord à la taille et à l’âge. Toujours selon Le Revenu, 10 960 entreprises de moins de trois salariés ont fait défaut au troisième trimestre, soit près des trois quarts du total. Les structures de moins de cinq ans représentent 42 % des procédures : elles disposent rarement de réserves ou d’un accès facile au crédit bancaire.

Secteur (3e trimestre 2026) Procédures Évolution sur un an
Construction 3 452 -3,1 %
Restauration 1 694 près de +10 %
Industrie manufacturière 558 -11,8 %

La carte sectorielle s’est déplacée. Les activités qui dépendent directement des dépenses des ménages souffrent davantage, tandis que l’industrie et le bâtiment, longtemps très touché, reculent. Un fournisseur de la restauration n’a donc pas le même risque client qu’un fournisseur du second œuvre, même à chiffre d’affaires égal.

Liquidation ou redressement : ce que dit la répartition #

Altares recense 9 744 liquidations judiciaires directes, 4 576 redressements et 332 sauvegardes sur le trimestre. Les liquidations reculent légèrement et les redressements progressent. Le Revenu y voit le signe possible d’une meilleure anticipation, sans garantie de sauvetage pour autant.

Pour un dirigeant, l’enseignement est pratique. La sauvegarde s’ouvre avant la cessation des paiements, tandis que le redressement suppose que l’entreprise y soit déjà. Attendre réduit donc le choix des outils. Le sujet mérite d’être abordé tôt avec l’expert-comptable ou le conseil de l’entreprise, sans attendre l’impayé de trop.

À lire Accès au crédit des PME au troisième trimestre : la trésorerie plus difficile à obtenir

Quels réflexes adopter dans sa gestion financière ? #

Regarder le poste clients ligne par ligne

Une défaillance se transmet par les factures impayées. Identifiez les clients qui concentrent le plus d’encours, puis croisez cette liste avec les secteurs fragiles et l’ancienneté des entreprises. Un client de moins de cinq ans dans la restauration appelle un suivi différent d’un compte historique.

Revoir ses plafonds et ses conditions de paiement

Plafonner l’encours des comptes sensibles, demander un acompte ou raccourcir les échéances sont des décisions commerciales qui se prennent mieux à froid. Insurance Business relève par ailleurs un marché britannique de l’assurance-crédit très concurrentiel. Ce constat ne vaut pas pour la France, mais une demande de devis auprès de plusieurs assureurs reste un bon moyen de tester le marché.

Construire un prévisionnel prudent

Avec un reflux mondial attendu seulement en 2028, bâtir son budget sur un retour rapide à la normale serait imprudent. Un prévisionnel de trésorerie intégrant un scénario de retard de paiement, ou la perte d’un gros client, permet de mesurer la marge de sécurité réelle avant d’en avoir besoin.

Questions fréquentes #

Les défaillances baissent-elles en France ?

Pas encore. Elles se stabilisent : +0,5 % sur un an au troisième trimestre 2026 selon Altares, mais à un niveau record de près de 72 000 sur douze mois.

À lire Maîtriser le tableau d’EBE pour analyser la santé financière de votre entreprise

Pourquoi Allianz Trade évoque-t-il 2028 ?

L’assureur-crédit attend le premier repli mondial, de 1 %, en 2028, soit un an plus tard que dans ses projections précédentes, en raison d’un environnement économique et géopolitique dégradé.

Quelle est la différence entre sauvegarde et redressement ?

La sauvegarde est demandée avant la cessation des paiements, le redressement judiciaire après. Dans les deux cas, l’activité se poursuit sous le contrôle du tribunal.

L'Entreprise Financière : Gestion, Stratégie & Performance est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Gestion Financière

Sites partenaires — Finance & Business : Pilotage Financier · Conseil Financier Pro · Crypto Fr

consultant SEO · agence web en Seine-et-Marne